Foire aux questions

Si vous avez des questions sur la VPH (et qui n'en a pas?), nous avons les réponses.

  • Comment contracte-t-on le VPH? Qu’entend-on par contact peau à peau (cutané)?
    • Le VPH se transmet habituellement par contacts sexuels ou intimes entre partenaires. Il peut s’agir par exemple d’une friction du pénis à l’entrée du vagin ou de l’anus, ou d’un contact entre la bouche et les organes génitaux ou l’anus du partenaire. Le virus peut se transmettre même sans pénétration. Certaines personnes croient à tort que le fait de ne pas éjaculer dans le vagin protège contre les ITS. Or, il n’en n’est rien. Même lorsque le contact cutané est réduit au minimum, on est en présence d’une quantité suffisante de virus pour transmettre le VPH. Pour se protéger, le condom est de mise du début à la fin de la relation sexuelle. Pour de plus amples renseignements, consultez la section sur les condoms.

      Le VPH peut également être transmis de la mère au bébé au moment de l’accouchement. Souvent, la mère ne sait même pas qu’elle est infectée.

      Le VPH peut également être transmis en partageant des jouets sexuels contaminés. Les jouets sexuels ne doivent être utilisés que par un partenaire à la fois. Le partage des jouets sexuels non désinfectés correctement augmente le risque de transmission de toutes les ITS. Si l’on doit partager un jouet sexuel, on peut le faire en le protégeant d’un condom et à condition que celui-ci soit changé dès qu’un nouveau partenaire utilise le jouet.

      Le VPH ne peut se transmettre par contact avec les sièges de toilette et les poignées de porte.

  • Peut-on contracter le VPH par l’entremise du sexe oral?
    • Oui, le VPH se propage par l’entremise du sexe oral. Nous ne disposons pas de tous les faits sur ce qui se produit si quelqu’un contracte le VPH par le sexe oral. Il n’est pas clair non plus si le VPH se propage plus facilement lorsqu’il passe de la bouche d’une personne infectée aux organes génitaux du partenaire, ou des organes génitaux d’une personne infectée à la bouche du partenaire. Nous savons que le VPH est associé aux maladies buccales, pulmonaires et du tube digestif.

      Une des souches du VPH, soit le VPH 16, se trouve dans les cancers des amygdales, des cordes vocales, de la base de la langue, des poumons et même de l’œsophage. Il s’agit du VPH à risque élevé, parce qu’il peut causer ces types de cancer.

      Le VPH à faible risque, qui cause des verrues génitales, peut se trouver dans les rares cas de cancer des cordes vocales et dans les excroissances dans la bouche ou sur les cordes vocales. Cette souche du VPH doit être détruite par le froid, la chaleur ou le laser.

  • Devriez-vous annoncer à votre partenaire que vous avez le VPH?
    • Si vous avez une infection transmissible sexuellement (ITS) comme le VPH, vous devriez en informer vos partenaires sexuels anciens et présents de l’infection et ils devraient être examines, testés et traités contre ces infections. 

      En informant votre partenaire que vous avez contracté le VPH, vous en prévenez la propagation. Vous lui faites également savoir que vous l’appréciez et le respectez.

      Votre partenaire pourrait décider de prendre des mesures pour protéger sa santé. Ces mesures pourraient être l’abstinence, l’utilisation régulière du condom et la vaccination contre les quatre types de VPH qui causent 90 % des cas de verrues génitales et 70% des cas de cancer du col de l’utérus. Mais, même les condoms ne confèrent pas une protection complète contre le VPH.

  • Existe-t-il un test de dépistage du VPH?
    • Il n’existe pas de test pour détecter le VPH. Même si vous vous soumettez à un test de dépistage des ITS, deux des infections les plus courantes échappent au test : le VPH et le virus herpès simplex. Et comme la plupart des infections au VPH ne présentent pas de symptômes, il est possible que vous ne sachiez pas que vous êtes infectée ou que votre partenaire l’est. Il est toujours très important de se soumettre à un test de dépistage des ITS avant de pratiquer des activités sexuelles non protégées.

  • Je ne comprends pas. S’il n’existe pas de test permettant de dépister le VPH, comment savoir si on a contracté le virus?
    • Il existe des tests qui permettent de détecter certaines souches de VPH, mais ils ne sont pas encore généralement disponibles auprès du public. Un test permet de détecter le VPH à risque élevé chez une femme dont les résultats du test de Pap sont anormaux en vue de détecter le cancer du col utérin, mais même dans ces cas, le test n’est pas facilement accessible au Canada.

      La plupart de ces tests sont conçus pour détecter les acides nucléiques du virus, c’est-à-dire les minuscules molécules d’ADN porteuses du code génétique. Un résultat positif indique que tu es porteuse d’au moins une des quinze souches de VPH  à  risque élevé détectées par le test. Le test ne nous apprend rien sur la nature ou le nombre des différentes souches présentes.

  • Que faire pour se protéger contre le VPH?
    • Toute personne active sexuellement court le risque de contracter le VPH. Comme ce ne sont pas toutes les infections au VPH qui présentent des symptômes, il est possible que tu ne sache pas que tu es infectée ou que ton partenaire l’est. Le condom constitue un bon moyen de se protéger contre les nombreuses infections transmissibles sexuellement. Il est conseillé de l’utiliser en tout temps. Lorsqu'il est question de VPH, le condom permet de réduire le risque de transmission du virus, mais n'assure pas de protection intégrale. Tu peux quand même contracter le VPH au contact de la peau non protégée par un condom.

      La vaccination contre le VPH est efficace dans 98 % des cas pour prévenir les effets des quartre types de VPH. Ces quatre types de VPH peuvent causer:

      •le cancer du col de l’utérus, de la vulve et du vagin (types 16 et 18), ainsi que
      •des verrues génitales et anales (types 6 et 11).
      Ces quatre types de VPH causent 70% de tous les cas de cancer du col de l’utérus, 90% des cas de verrues génitales et d’autres maladies comme le cancer du vagin et de la vulve.

      Deux vaccins sont maintenant disponibles au Canada; un qui protège contre les types 16 et 18 et l’autre contre les quatre types de souches du VPH.

      La vaccination ne guérit pas une infection au VPH déjà présente, mais elle empêche les autres souches de VPH que les vaccins renferment de causer des infections. Elle pourrait même protéger partiellement contre des souches non présentes dans les vaccins.

      La meilleure défense contre le cancer du col de l’utérus demeure le test de Pap subi régulièrement. Même si tu as été vaccinée contre le VPH, tu devrais quand même subir un test de Pap au cours des trois ans suivant le début de ta vie sexuelle active. Par la suite, vous devriez subir un test de Pap aussi souvent que le médecin le recommande.

  • Si le condom ne protège pas parfaitement contre le VPH, à quoi bon le porter?
    • Le condom réduit le risque d’ITS sans l’éliminer complètement. Le condom est assez efficace contre le VIH, l’herpès et la chlamydiose, soit des infections susceptibles de provoquer le développement d’un cancer du col de l’utérus chez la femme si elle est atteinte du VPH à risque élevé.

  • Une fois qu’on a contracté le VPH, est-ce qu’on peut l’éliminer? Ou bien en est-on porteuse pour toujours?
    • Au fil du temps, le système immunitaire développe une protection contre le virus, qui empêche le VPH de quitter la cellule et de créer des lésions, ou de transmettre l’infection à son bébé ou à ses partenaires. La plupart des sujets qui contractent une infection au VPH en sont porteurs pour la vie, mais leur système immunitaire les protège contre les récidives. Même après des années de traitement réussi, une verrue, des cellules précancéreuses ou un cancer peut réapparaître en raison d’un affaiblissement de la réponse immunitaire, tel qu' observé durant la grossesse (tolérance immunitaire), dans le traitement d’un cancer, à la suite d’une greffe, dans des cas de sida ou d'infection au VIH (immunodéficience) ou au moment du vieillissement (immunosénescence).

  • Les hommes peuvent-ils aussi contracter le VPH?
    • Tout à fait. Et ils sont responsables en grande partie de l’infection aux femmes et vice versa. L’homme peut développer des verrues génitales externes, des cellules précancéreuses ou un cancer du pénis ou de l’anus. Comme la femme, il peut également développer des cancers ou des verrues dans la bouche, dans les voies respiratoires et dans le tube digestif.

  • Le VPH peut-il être traité?
    • Le VPH ne peut pas être traité. Le médecin peut éliminer les lésions génitales et les verrues visibles causées par le VPH, mais il ne peut éradiquer le virus. Contrairement aux ITS bacteriennes, comme la chlamydiose ou la syphilis, il n’existe aucun antibiotique pour traiter le VPH. Il est possible de stimuler le système immunitaire local de manière à réduire les lésions et certaines cellules précancéreuses des régions anale et vulvaire. Cependant, les lésions sont toujours susceptibles de revenir. Le temps moyen qui s’écoule entre la contamination par le VPH à faibles risque, soit celui qui cause les verrues, jusqu’à la disparition de ces dernières, est de six à huit mois. Ainsi, les verrues peuvent disparaître spontanément sans traitement, ou après un seul traitement, tandis que certaines personnes en seront encore affligées après 24 mois de traitement. La plupart des patients préfèrent sans doute un traitement pour faire disparaître leurs verrues, compte tenu que ces verrues sont susceptibles de revenir ou de continuer d’être contagieuses même en l’absence de lésions visibles.

  • Qu’est-ce que les verrues génitales et pourquoi devrais-je m’en soucier? Ne disparaîtront-elles pas d’elles-mêmes?
    • Les virus qui causent les verrues sont habituellement de types 6 et 11. Ils provoquent le développement de lésions chroniques qui prennent la forme de verrues dans les régions anale et génitale. Ils ne pas habituellement sont dangereux. Toutefois, ils peuvent provoquer des lésions aux voies respiratoires d’un bébé, au moment où la mère infectée accouche par voie vaginale. Chez l’adulte, des lésions peuvent apparaître sur les cordes vocales, probablement à la suite de rapports sexuels oraux. Chez certaines femmes, ces lésions sont associées à des résultats anormaux au test de Pap et à des lésions précancéreuses sur la partie extérieure des organes génitaux. Chez les deux sexes, elles sont associées à des lésions précancéreuses de la région anale. Leur traitement est douloureux, peut laisser des cicatrices et être source de douleurs au moment des rapports sexuels, même bien des années après le traitement. On associe aux verrues l’anxiété, la crainte du cancer, la dépression, des sentiments de culpabilité, la honte et la perte d’intérêt envers la sexualité.

  • Comment les verrues génitales sont-elles traitées?
    • En général, le traitement contre les verrues génitales causées par le VPH vise à renforcer le système immunitaire de façon à combattre le virus du papillome humain ou à détruire les lésions ou les verrues que le VPH peut causer.

      La bonne nouvelle est que le type de VPH qui entraîne les verrues génitales ne causera probablement pas le cancer. L’envers de la médaille est qu’il n’existe aucun traitement pour prévenir les verrues.

      Certains traitements contre les verrues génitales peuvent être administrés à la maison tandis que d’autres nécessitent une visite à la clinique. Étant donné que les antibiotiques ne servent qu’à traiter les infections causées par les bactéries et que le VPH est un virus, les antibiotiques ne seront d’aucune utilité pour guérir ou traiter les verrues génitales causées par le VPH..

      Voici les options de traitement disponibles :

      Deux types de traitements peuvent être utilisés à la maison*:

      • L’imiquimod est un composé qui renforce le système immunitaire de façon à combattre le VPH. Il se prend trois fois par semaine pendant aussi longtemps que quatre mois.
      • La podophyllotoxine est un extrait de plante. Elle s’applique sur la peau deux fois par jour pendant trois jours. Puis, quatre jours plus tard, elle s’applique à nouveau pendant trois jours.

      À une clinique. L’objectif de ces traitements est de détruire les verrues ou les excroissances par l’intermédiaire de :

      • la chaleur (cautérisation ou laser)
      • la chirurgie (scalpel ou ciseaux)
      • le froid (cryothérapie au moyen d’azote liquide ou de dioxyde de carbone), ou
      • une application caustique (acide bichloro ou trichloacétique).

      Veuillez prendre note :

      • Les femmes enceintes ne devraient pas avoir recours à ces traitements.
      • Votre peau peut devenir rouge et sensible à l’utilisation de ces traitements, situation qui peut être traitée. Consultez votre fournisseur de soins de santé à propos de vos options.
      • En moyenne, la prise en charge du VPH qui cause les verrues génitales prend de six à huit mois. Il est normal d’avoir encore des verrues huit mois à la suite du premier traitement.
      • Seulement un patient sur dix aura encore le VPH deux ans après avoir été infecté. Le tabagisme accroît la période de guérison des verrues. Il serait donc judicieux d’arrêter de fumer.
      • Lorsque les verrues entraînées par le VPH disparaissent, cela ne veut pas dire que le VPH ne se propagera pas à vos partenaires sexuels, car le virus est toujours actif.
  • Qu’est-ce qui cause le cancer du col utérin?
    • Le VPH à risque élevé peut causer le cancer du col utérin. Mais, la plupart des femmes qui ont contracté le VPH à risque élevé n’auront pas le cancer du col utérin.

      Il existe deux types de cancer du col utérin :

      • Un type qui touche la surface cutanée du col (carcinome des cellules malpighiennes)
      • Le deuxième type touche les glandes à l’intérieur du col utérin (adénocarcinome).

      Le cancer du col utérin se produit en raison de l’infection par un virus (comme le VPH), ou en raison d’autres facteurs (connus comme étant des facteurs humains).

      Facteur viraux

      • VPH à risqué élevé : Les VPH de types 16 et 18 sont connus comme étant le VPH à risque élevé. Également, 11 autres types de VPH font encourir aux femmes un risque élevé du cancer du col utérin.
      • Durée : Le VPH à risqué élevé demeure dans l’organisme pendant une longue période avant l’accroissement des cellules anormales.
      • Intégration : Le VPH à risque élevé doit devenir une partie du code génétique humain. Lorsque cela se produit, notre organisme ne peut nous protéger de l’évolution du cancer.

      Facteurs humains

      • Génétique : certaines femmes sont plus susceptibles que d’autres d’êtres atteintes du cancer (antécédents familiaux).
      • Grossesse : les femmes qui ont eu plusieurs bébés sont davantage à risque d’être atteinte du cancer.
      • Nutrition : une carence en vitamine A peut renforcer la capacité du virus de se transformer en cancer.
      • Tabagisme : le tabac est un facteur entraînant bon nombre de types de cancer, y compris le cancer du col utérin.
      • Autres ITS : l’infection au VIH, l’herpès génital et la chlamydiose accroissent le risque que le VPH peut créer le cancer.
      • Âge à la première relation sexuelle : lorsqu’une femme a des relations sexuelles à un jeune âge, elle est plus susceptible de souffrir d’un cancer du col utérin.
      • Tests de Pap : Certaines femmes peuvent ne pas aimer subir le test de Pap, mais celui-ci peut leur sauver la vie. Dans le cas où une femme ne subit pas des tests de Pap à intervalles réguliers, elle encourt plus de risques de développer un cancer du col utérin.
      • Hormonothérapie : La prise de pilules contraceptives ou l’hormonothérapie substitutive pourraient accroître légèrement le risque d’être atteinte d’un cancer. Pour les femmes qui prennent la pilule contraceptive, le risque du cancer du col utérin est réputé être équivalent à celui d’une grossesse non désirée. Les femmes ne devraient pas cesser l’utilisation de la pilule pour prévenir le cancer du col utérin.
  • Existe-t-il d’autres causes du cancer du col utérin à part le VPH?
    • Oui, mais elles sont très rares. La plupart des cancers du col utérin sont causés par le VPH.

      Les cas rares de cancer du col utérin sont des types de cancer que les tests de dépistage ne peuvent détecter tôt ou prévenir. Ils comprennent le cancer de la peau (mélanome) qui s’est répandu au col utérin et les cancers des muscles, des nerfs et des tissus connecteurs du col utérin. Les autres facteurs sont énumérés à la question précédente.

  • Combien de temps met un cancer du col de l’utérus à se développer?
    • Il est difficile de savoir combien de temps le cancer du col de l’utérus met à se développer. Une femme dont les résultats au test de Papsont normaux peut déjà être infectée par le VPH. Si elle est déjà infectée et que son système immunitaire ne peut tenir le virus en échec, elle risque alors de développer des lésions précancéreuses, par exemple une lésion du col de l’utérus de haut grade, puis un cancer. Nous savons que la plupart des femmes (mais pas toutes) présentant des lésions de haut grade élevé développeront un cancer du col de l’utérus si elles ne sont pas traitées. Mais il s’écoule beaucoup de temps entre le moment de l’infection, le développement de lésions de haut grade et enfin un cancer, ce qui donne à la maladie amplement le temps de s'installer. Aux États-Unis, les âges maximaux estimés pour les différents stades de la maladie sont les suivants :

      • 21 ans pour l’infection au VPH;
      • 28 ans pour les lésions du col de l’utérus de bas grade (« LSIL »).
      • 42 ans pour les lésions du col de l’utérus de haut grade(« HSIL »).
      • 48 ans pour un cancer infiltrant.

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Chez la plupart des gens qui ont des relations sexuelles avec un partenaire infecté par des verrues génitales, les verrues peuvent se manifester assez rapidement, soit dans les trois mois suivant le contact.